Bienvenue sur Biosfera.fr

La terre

mardi 2 mai 2006, par Daniel Giaccone

Mammifère « terrestre », l’homme, dans ses multiples aspects, impose (parmi les autres) la terre comme l’élément archétype de ses situations. Bachelard nous met donc en garde contre lui puisqu’il risque, tant il nous est familier, de « boucher » toute imagination.

Dans le contexte indo-européen, le symbolisme de la terre, avec ses polarisations nocturne et diurne, récapitule, du berceau à la tombe, la tradition perceptive et spirituelle de l’homo sapiens. La terre est mère primordiale, mais aussi, par ses transformations, fille du génie humain dans un mystérieux accouplement avec la mère. Polarité incestueuse et leçon éthique. La terre monopolisée par une seule de ses valences se pervertit en régressant vers l’état de nature, « paradis terrestre » qui ignore le labeur humain ; rêvée par l’imagination nocturne elle serait un paralysant retour à l’impossible mère. Mais, autre perversion, la rêverie conquérante, ignorant les origines de l’homme terrestre, divinise le labeur humain, le surévaluant pour déboucher sur la Tour de Babel. La terre, irréductible ambivalence, EST l’équilibre où se situe la sagesse de l’espèce.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0