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Vers un réchauffement global ?

mardi 2 mai 2006, par Daniel Giaccone

Tendances actuelles

Les gaz à effet de serre augmentant dans l’atmosphère, le phénomène s’intensifie. Le climat est plus chaud qu’aux XVII° et XVIII° siècles, et le réchauffement du XIX° s’est prolongé au XX°. Renforcement de l’effet de serre ou effet solaire ? Entre 1630 (avec Galilée) et 1800 on a observé peu de taches solaires, mais on manque de mesures sur la luminosité d’alors, peut-être variable. Et les fluctuations de la circulation océanique peuvent influer sur la fluctuation climatique.

Incertitudes sur l’évolution chimique de l’atmosphère

L’atmosphère évoluant rapidement, l’effet de serre produira un réchauffement global. Sauf ralentissement économique et réelle limitation des émissions de CO2, ceux-ci croîtront avec l’exploitation des carburants et la déforestation. Le niveau de CO2 dans l’atmosphère dépendra de ces émissions, et des échanges de carbone entre atmosphère, océans et biosphère. Pour certains, le CO2 atmosphérique dépassera les 660 parties par million avant 2100, soit un piégeage supplémentaire de 4 watts/m2 dans la basse atmosphère. Et n’oublions pas le méthane, plus efficace que le CO2 pour renforcer l’effet, ni ses pernicieuses émissions liées à l’agriculture et l’élevage. L’arrêt de fabrication des CFC, doit accompagner leur récupération, quand ils sont enfermés dans des circuits de réfrigération, si l’on ne veut pas les retrouver bientôt dans l’atmosphère.

Incertitudes sur la sensibilité du climat

L’évolution des gaz annonce l’intensification de l’effet de serre avec 4 watts/m2 de piégeage supplémentaire des infrarouges entre 2040 et 2100, entraînant un réchauffement inférieur à 1 0C dans la troposphère. Or, même limité à 1 0C, un réchauffement affecte d’autres processus atmosphériques. L’atmosphère, plus chaude, contiendra davantage de vapeur d’eau, l’évaporation en surface (mers, forêts humides) atteignant les couches hautes de la troposphère. Les simulations des processus climatiques montrent que l’humidité atmosphérique augmentera, d’où une rétroaction positive, cette vapeur d’eau supplémentaire renforçant l’effet de serre, provoquerait un réchauffement global de 2 0C pour 4 watts/m2 supplémentaires. Toutes les observations confirmeraient la rétroaction de vapeur d’eau.

L’atmosphère s’humidifiant, les nuages proliféreraient limitant le réchauffement en réfléchissant une forte proportion du rayonnement solaire, limitant ainsi l’énergie disponible pour réchauffer la surface. Les nuages contribuent donc à l’effet de serre, surtout s’ils sont élevés et froids.

L’effet d’albédo l’emporte sur l’effet de serre. Pour les nuages bas surplombant l’océan, il prédomine ; pour les nuages élevés entre les tropiques (cumulonimbus et cirrus) l’effet de serre le compense actuellement. Mais, si le climat change, certaines simulations donnent des nuages plus réfléchissants en cas de réchauffement (rétroaction négative stabilisatrice, limitant le réchauffement). D’autres prédisent une diminution des nuages bas, au profit des nuages élevés, l’effet de serre des nuages prédominant sur l’effet d’albédo : rétroaction positive déstabilisatrice, donnant plus de 5 0C de réchauffement pour une augmentation de 4 watts/m2.

Sans expériences « grandeur nature », il faut des informations précises sur l’humidité atmosphérique et les nuages au cours du cycle annuel et lors des anomalies climatiques. Aujourd’hui on ne peut se prononcer sur le réchauffement correspondant à 4 watts/m2.

Nature du risque d’un changement climatique

Le problème d’un réchauffement global réside dans la vitesse du changement. Si la Terre se réchauffe de plus de 2 0C en moyenne globale sur cent ans, températures et cycle de l’eau changeront. Avec un cycle hydrologique plus actif et davantage de CO2, la végétation prospérerait si les précipitations compensaient l’évaporation, sinon elle mourrait. Les agriculteurs disposant des moyens appropriés s’adapteraient. Les forêts des zones tempérée et sub-boréale profitèrent, il y a dix mille ans, du recul des glaces pour réoccuper une partie des terres du Nord, mais elles ne pourraient pas, sans l’homme, se déplacer de plusieurs centaines de kilomètres vers le Nord en moins d’un siècle.

À long terme, les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondant, la mer monterait de cent mètres, inondant de régions très peuplées. Un monde plus chaud, sans glace, plus riche en CO2 et en végétation serait-il un Eden retrouvé ? La Sibérie et le Canada ne deviendraient-ils pas plus accueillants ? Notre actuelle ignorance des mécanismes des changements climatiques nous interdit de forcer le changement.

Nos activités industrielles et agricoles transforment l’environnement global en affectant les processus climatiques qui déterminent les fondements de notre vie, mais comment faire des prévisions fiables sur les conséquences de ces transformations ? Pour prévoir, en pesant les risques de nos actions, il faut mieux comprendre. Nous sommes engagés dans une course entre la transformation de la planète par l’homme et sa capacité de prévoir et de maîtriser cette transformation.

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