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Le feu

mardi 2 mai 2006, par Daniel Giaccone

Face à l’air d’Anaximène et à l’eau de Thalès, pour Héraclite le feu est principe de tout, le Soleil n’étant qu’incandescence. Empédocle ajoute la Terre. Dans la cosmogonie platonicienne, le feu est un tétraèdre régulier.

Les quatre corps platoniciens (feu, air, eau, terre) deviennent ensuite les « quatre éléments » ; mais Descartes préfère dire que le feu est un « phénomène » dû au mouvement de la « matière subtile ». Reste à circonscrire le difficile concept de phénomène. Boerhaave essaye de le préciser par une propriété permettant une mesure quantitative ; la chaleur et la lumière lui semblent vagues et imprécises. La dilatation des corps soulève des difficultés, car elle diffère pour tous. Le feu selon Boerhaave est un élément, « inconnu par ailleurs », ayant la propriété de pénétrer tous les corps et de les dilater pour qu’ils occupent un volume plus grand, ce que rien d’autre ne peut faire ! Mais le feu n’augmente pas le poids des corps. Pour Newton il est donc incorporel et impondérable. Boyle maintient que les atomes du calorique ont un poids, et pense avoir pesé, grâce à plusieurs expériences, les particules de feu. Pourtant, un demi-siècle auparavant, J. Rey avait remarqué que l’augmentation du poids était due à l’air.

Avec J. J. Becher et G. E. Stahl, le feu devient « phlogiston » ou « phlogistique », jusqu’à ce que Lavoisier, par une expérience toute similaire à celle de Boyle arrive à une conclusion opposée !

L’idée du feu-élément n’est détruite qu’au milieu du XIX° siècle, quand J. R. Mayer et J. B. Joule déterminent expérimentalement l’équivalent mécanique de la calorie, dont le nom rappelle le lointain « calorique ». Comme l’électricité et le magnétisme, la chaleur devient une des multiples formes de l’énergie.

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